Bobigny 12 septembre 2019

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12 septembre 2019, dans la 14ème chambre de Bobigny. Le Tribunal est présidé par Charles Moscara

Affaires ;

Madame D. est roumaine, la cinquantaine, une tresse de côté, vêtue d’un pull rose, elle s’adresse au Tribunal par l’intermédiaire de son interprète. Arrêtée pour avoir fait mendier sa petite fille mineure, elle est incarcérée en attendant son procès le 18 novembre 2019, mais d’ici là, elle souhaite être remise en liberté. Son avocat, un grand brun aux cheveux bouclés, va mettre en avant plusieurs aspects pour soutenir sa libération : « Sans vouloir lui manquer de respect, elle n’est plus toute jeune… et elle a des problèmes de santé. Elle a de l’asthme, et ceux qui sont asthmatiques savent qu’ être confiné dans un espace clôt, ce n’est pas facile. Elle a également des problèmes de yeux et ça fait des lustres qu’elle n’a pas vu un ophtalmologue. Aussi, elle a des problèmes d’incontinence… ». Niveau hébergement, une cousine éloignée peut lui ouvrir la porte si elle sort de prison. « S’il vous plaît…S’il vous plaît » supplie Madame D. dans le box. Après quelques minutes de délibération, le Tribunal décide de maintenir la prévenue derrière les barreaux jusqu’au 18 novembre. Furieuse, la femme proteste en roumain, provoquant l’agitation dans le box, et s’en va en criant, escortée par les policiers.

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Un jeune Homme typé maghrébin se présente à la barre, habillé dans un joli costume bleu. On l’accuse d’avoir fait exploser le taxiphone de son oncle pour toucher les assurances, alors que lui se dit victime des faits ; il a en effet subi des blessures suite à l’explosion et prétend souffrir d’amnésie. Trouvant l’incident étrange, l’assurance affiliée au commerce de son oncle mène l’enquête. Elle découvre que la porte de l’arrière-boutique a été forcée et que l’intrus a fait brûler 10 Litres d’essence à l’intérieur du magasin. Or on sait que l’accusé lui-même possédait chez lui des jerricanes. Mais l’enquête révèle également qu’il y avait un autre individu vêtu d’un jean bleu, rôdant près de la boutique ce soir-là.

Et si c’était bien le neveu le coupable, pourquoi aurait-il fait exploser le commerce de son oncle ? Peut-être pour lui permettre de toucher les assurances, car son taxiphone était défaillant ? L’avocate de la Défense plaide, c’est une femme brune à la forte présence, convaincante et sûre d’elle. Le Tribunal délibère : le doute profite à l’accusé et aucune preuve tangible ne peut confirmer l’accusation. Le jeune homme est relaxé.

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